dimanche 3 février 2013

Chile 29 -EL Parque Nacional Torres del Paine

Situé à 110 kilomètres  de Puerto Natales, le parc constitue une visite obligatoire si vous êtes arrivés en Patagonie. Considéré comme l'un des plus beaux parcs du monde, ses 240 000 hectares ont été déclarés Réserve de la Biosphère par l'UNESCO en 1 978.
Le nom provient du mot Téhuelche "payne", bleuté, toutes les nuances de cette couleur étant présente toute l'année.
Enormes massifs granitiques aux arêtes aiguës, gigantesques doigts de pierre pointant vers les nuages, tours et parois lisses défiant les andinistes. Les Tours et les Cornes de Paine se reflètent dans les eaux d'une dizaine de lagunas et lacs, ruisseaux et rivières qui émerveillent les plus blasés; Gilloute et moi partons pour 4 jours de trekking le long des sentiers du W (le plus emprunté par les randonneurs). Le temps est relativement clément et après une marche d'approche de sept kilomètres et un déjeuner sur l'herbe, nous attaquons les premières pentes qui mènent au campement Chileno. Malheureusement Gilloute se sent de plus en plus fatigué et au bout d'une heure renonce à continuer et redescend au campement Los Cuernos où je le rejoindra demain.
Je poursuis donc seul l'ascension vers le campement Las Torres, base de camping gratuit avant de monter aux fameuses Torres del Paine.
Nuit courte puisque je me lève à 4 heures trente pour grimper jusqu'au mirador de la lagune aux pieds des Torres pour voir le lever du soleil. Nous sommes une trentaine à avoir eu la même idée et c'est dans un froid glacial dû au vent violent, que nous attendons l'instant magique. Les Torres s'éclairent subitement vers six heures du matin d'une belle lumière orangé dès les premiers rayons du soleil.
Je reste là une heure et demie à contempler ce panorama grandiose.
La descente dans le pierrier n'est pas facile car le vent souffle de plus en plus fort. Arrivé au camping, je déjeune copieusement avant de plier ma tente et redescendre dans une autre vallée où je dois retrouver Gilloute. J'apprends en repassant au refuge Chileno que les gardes du parc viennent de fermer l'accès aux Torres del Paine à cause du vent ainsi que l'accès à la vallée del Frances que nous devions visiter (campings Italiano et Britanico sur le chemin sont fermés par décision de la CONAF).
Je poursuis mon chemin vers le refuge Los Cuernos. Le vent souffle très fort et me renverse deux ou trois fois. Arc-bouté et calés avec mes bâtons, j'ai de la peine à cheminer droit et en arrivant en haut d'une butte, une rafale encore plus violente me déséquilibre , je pars en arrière, tombe lourdement sur un rocher et me retrouve plusieurs mètres plus bas dans la pente, la tête en bas. J'évalue en une fraction de seconde que j'ai rien de cassé et ensuite je regarde mon appareil photo que je porte autour du cou, rien non plus, OUF !
Deux canadiennes et un anglais qui arrivent à ma hauteur me voyant dans cette fâcheuse posture me remonte sur le sentier et me prodiguent quelques soins: j'ai un gros hématome à la hanche, une plaie qui saigne  au coude et une autre à l'épaule. Ils m'accompagnent pour les neufs kilomètres restant jusqu'au refuge. Je les remercierai jamais assez de leur aide. Arrivé au refuge, un médecin randonneur désinfecte les plaies et me prescrit des antibiotiques en prévention (que j'ai d'ailleurs dans ma pharmacie. Merci Docteur Michel G. de Bergerac qui m'avait préparé tout ça!)
Mais au refuge, pas trace de Gilloute qui j'imagine a dû rentrer à Puerto Natales. 
J'apprends par les gardes du parc que leur anémomètre a enregistré des rafales à 130 kilomètres à l'heure !!!
Je m'endors comme une masse vers neuf heures et me réveille que 12 heures plus tard. J'ai bien récupéré.
Je renonce à poursuivre le trekking, sage décision compte-tenu des conditions météo. Je voulais monter jusqu'au glacier Grey mais si le vent s'est calmé, il pleut entre deux rayons de soleil et l'horizon est bouché. 
15 derniers kilomètres qui me ramènent au lac Pehoe où je prends dans la soirée un catamaran qui me débarque  à l'administration du parc où attendent les bus pour Puerto Natales.
A onze heures je me glisse dans un lit douillet à l'hospedaje.


















































samedi 2 février 2013

Chile 28 - Puerto Natales

Le vent violent qui souffle dans la plaine argentine rend le voyage à vélo impossible et c'est dans un bus que nous chargeons nos montures devant les regards intéressés de tous les trekkeurs et argentins qui nous prennent en photo.
A la douane chilienne tous nos bagages sont passés au scanner pour vérifier si nous n'importons pas de fruits ou légumes ce qui est strictement interdit. Quand mon tour arrive, l'employé me dit: "Vous avez un fruit dans cette sacoche". Sûr de ma bonne foi je lui réponds que non, c'est une sacoche de vêtements. "Ouvrez-la !"
Au fond je retrouve un vieil oignon que j'avais roulé par mégarde dans mes T-shirts, ça a fat rigolé tout le monde et mes vêtements partiront directement à la blanchisserie  !!!
Arrivés à Puerto Natales nous trouvons un peu par hasard une "hospedaje" très sympa, pas chère à la literie confortable. Nous dînons chaque soir à la table familiale et j'en profite pour faire de nombreuses photos de leur petite fille de 11 mois qui aussitôt arrivent sur leur ordinateur à la grande joie de tous. Miracle du numérique !
Puerto Natales est vraiment le bout du monde. baigné par la mer de La Ultima Esperanza, la route chilienne se termine 50 kilomètres plus lon dans le parc national Torres del Paine. Entre le parc et la ville de Cochrane, 400 kilomètres plus haut il n'y a que des glaciers, des canaux tortueux et des îles inhabitées...
Baie de la Ultima Esperanza

Les noms bizarres des fjords reflètent bien les sentiments de ceux qui cherchaient désespérément à sortir du labyrinthe et à retrouver le détroit de Magellan , la Sierra en Dents de scie, l'Île escarpée, le Grand passage, la Baie inutile...
Puerto Natales est une petite ville aux maisons colorées et toits de tôle ondulée. Elle s'est affirmée comme le port de l'industrie ovine puis plus récemment comme l'étape touristique incontournable de ceux

qui se rendent aux Torres del Paine. Il y règne une ambiance très cosmopolite et l'on y parle dans la rue toutes les langues.
Enfin, le soir en se promenant sur la costanera en bordure de la baie Ultima Esperanza, une lumière très particulière baigne le paysage.
C'est aussi le dernier jour avec Emily qui avait prévu de remonter sur l'île de Chiloé qu'elle veut parcourir à vélo du sud vers le nord. On se souhaite bon vent mais c'est avec un petit pincement au coeur que nous la quittons après cette grande aventure de la Carretera austral. Nous nous donnons  rendez-vous à Puerto Montt le 22 février.






Ma Gilloute pose devant un van qui vient tout droit d'Alaska et se rend à Ushuaïa où nous serons dans quelques jours. 
De jeunes adolescents chiliens posent pour la photo sur la place centrale de Puerto Natales






Le bateau de Navimag, cargo mixte qui peut embarquer 300 passagers de Puerto Natales à Puerto Montt en remontant tous les canaux de la région d'Aysen que nous avons parcourue à vélo. Nous le prendrons le 18 février pour une croisière de 4 jours et quatre nuits qui nous ramènera à notre point de départ.
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Statue dédiée aux mineurs de Puerto Natales: mines de charbon.

Notre famille d'accueil.

Surprenant nuage au couchant. Ovni ?!!!


Ma Billoute au réveil




Argentina 4 - Le glacier Perito Moreno

Depuis El Calafate, 8 000 habitants mais beaucoup plus en saison estivale, nous nous rendons au glacier Perito Moreno, haut lieu du tourisme en Patagonie argentine.
El Calafate: son nom est inspiré des arbrisseaux aux fleurs jaunes et aux fruits à baies violettes qui rappellent nos airelles.
Le glacier Perito Moreno: la nature met en jeu des forces titanesques qui ramènent l'homme à sa juste dimension. La découverte du "ventisquero" est l'une de ces visions qui reste gravée dans la mémoire. Imaginez un front glaciaire de cinq kilomètres de large sur 50 mètres de haut. Représentez-vous cette langue de glace de 35 kilomètres de long aux reflets bleutés, hérissée de pics, et qui progresse à une allure infiniment lente mais continue, comme un large fleuve gelé, quelque chose de vivant et d'obstiné que rien ne peut arrêter...

Imaginez ce front titanesque qui doucement pénètre dans les eaux du lac Argentino, lentement le traverse et finalement quatre années plus tard, touche la rive opposée, coupant le lac en deux.
Sur le site, passerelles, miradors, balcons à niveaux différents et terrasses permettent d'approcher la paroi gigantesque d'où montent de temps en temps des craquements qui préludent à l'effondrement de séracs et de pans entiers du front glaciaire, provoquant de fortes vagues qui viennent battre les rives. Les glaces libérées s'en vont doucement à la dérive, icebergs emportés par le courant.
Un spectacle inoubliable !