vendredi 25 janvier 2013

Argentina 1- Passage de Candelario Mansilla

Je vous l'avais dit, il est impossible de continuer vers le sud depuis la fin de la Carretera austral et Villa O'Higgins tout du moins par la route mais les guides touristiques proposent de continuer à pied par le passage de Candelario Mansilla "pour les purs aventuriers " précise le guide.
De toutes façons, nous n'avons pas le choix sinon faire demi-tour sur la Carretera.
Nous embarquons sur la barcaza qui traverse le lac. Trois heures de navigation avant d'atteindre la rive sud et la douane chienne. Mini croisière de rêve, nous longeons cascades et glaciers du Campo de Hielo Sur.
Une fois nos passeports tamponnés, il nous reste quelques 22 kilomètres à parcourir à pied en poussant nos vélos lourdement chargés sur un chemin de plus en plus étroit. Montée de col difficile, traversée d'une belle forêt de lengas et au fond de la trouée à travers les arbres apparaît soudain le Fitz Roy et sa silhouette mythique. Quelle émotion !
Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le sentier côté argentin se transforme en parcours du combattant: ravines, passages à gué, ornière profonde qui nous obligent souvent à porter plus loin les sacoches puis revenir chercher les vélos !
On me l'avait dit, je l'avais lu dans de nombreux blogs ce passage est terrible voire impossible par temps pluvieux. Heureusement, il fait soleil mais le jour décline bientôt et c'est à la nuit que nous atteignons la Laguna del Desierto et la maisonnette de la douane argentine. Nous sommes épuisés. 10 heures pour parcourir 22 kilomètres. Nous plantons nos tentes dans une herbe grasse au bord de la lagune. Des chevaux nous rendent visite, un petit chiot tout mignon, un chat très câlin a élu domicile dans ma tente.
En face de nous la silhouette du Fitz Roy se découpe en noir dans la nuit étoilée. Magique !
Le lendemain, réveil tardif. Nous embarquons vers midi sur un nouveau bateau qui traverse le lac. Il nous reste 32 kilomètres de ripio avant d'atteindre El Chalten, haut lieu du tourisme de montagne.





















Carretera austral 27 - Villa O'Higgins


Villa O'Higgins "Ultima frontera"


Et voilà, nous y sommes dans ce village de Villa O'Higgins déclaré commune en 1988 seulement. A l'origine, le gouvernement chilien envoie quelques militaires dans cette vallée à quelques kilomètres de l'Argentine qui revendique ce corridor pour accéder à la mer. Les Chiliens pour asseoir leur souveraineté créent donc ce village enclavé entre le Campo de Hielo Sur et les montagnes argentines.
Aujourd'hui, Villa O'Higgins se développe (500 habitants) grâce au tourisme, à l'élevage et à l'exploitation du bois.La Carretera austral n'arrive ici que depuis quelques années. Il fallait auparavant aller s'approvisionner à cheval en Argentine.
Ce village ressemble à une bourgade des pionniers du Far-West américain.
Nous passerons trois jours ici avant de poursuivre vers le sud et le fameux passage de Candelario Mancilla et La Laguna del desierto avant d'atteindre El Chalten au pied du Fitz Roy.











La Carretera austral n'arrive ici que depuis quelques années. Il fallait auparavant aller s'approvisionner à cheval en Argentine.
Ce village ressemble à une bourgade des pionniers du Far-West américain.
Nous passerons trois jours ici avant de poursuivre vers le sud et le fameux passage de Candelario Mancilla et La Laguna del desierto avant d'atteindre El Chalten au pied du Fitz Roy.

Carretera austral 26 - Derniers tours de roue

"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."   Sörin Kierkegaard


Derniers tours de roue.

Nous entamons le dernier tronçon de carretera austral qui nous mènera en trois jours à Villa O'Higgins dernier village de la route.
Nous commençons par escalader un col très dur, sans doute le plus difficile de notre périple : soleil de plomb et taons qui ne nous laissent aucun répit.
La route redescend vers Puerto Yungay où un camion en panne est en travers de la piste, peut-être était-il trop chargé pour aborder cette pente raide avec un ripio abîmé ?
Nous embarquons sur la barcasse (c'est le nom du bateau!) et Gilloute et moi prenons la barre quelques secondes pour la photo !
A l'arrivée, à Puerto Bravo, nous bivouaquons au bord du lac dans un paysage d'une grande beauté.
Le matin, levé le premier, j'en profite pour faire quelques photos au zoom de mes compagnons de voyage. (Voir plus bas).
Il nous reste une centaine de kilomètres pour Villa O'Higgins, les derniers tours de roue sur la Carretera austral.
Deux cols nous font transpirer abondamment et tirer la langue, il fait toujours aussi chaud mais nous ne nous en plaignons pas après le déluge  au début du voyage.

Le dernier bivouac est un endroit de rêve : nous venons d'entrer dans le Campo de Hielo Sur et passons la nuit étoilée en face d'un énorme glacier.







Le lendemain, nous nous réveillons tous avec le même sentiment mêlé de la joie d'arriver mais aussi d'une certaine tristesse d'achever l'aventure sur cette fantastique route australe.
Nous sommes excités comme des puces en franchissant le dernier pont quelques kilomètres avant l'arrivée pour tromper sans doute l'émotion qui nous étreint.
J'embrasse la route comme au premier jour.
Nous ralentissons notre allure et c'est ensemble que nous atteignons le panneau d'entrée de Villa O'Higgins !
Eh voilà, … nous y sommes. Le bout du bout. Impossible de continuer plus au sud par la route mais...

... suite au prochain numéro.





En attendant le bateau à Puerto Yungay deux enfants fascinés par mon chargement veulent absolument essayer mon vélo !

Puerto Yungay, repos bien mérité à l'ombre après le franchissement du col le plus difficile de la Carretera austral.

Gustavo et son amie, deux argentins adorables qui roulent avec nous depuis trois semaines



On embarque sur la barcaza pour une traversée de 45 minutes.


La croisière s'amuse !




Le matin au réveil

Nous retrouvons des amis californiens.

Le dernier col de la Carretera austral.

Au sommet je suis un peu "cuit" autant par le soleil que par l'effort intense.

Un petit coucou de nos trois amis chiliens rencontrés il y a quelques jours. ls ont planté la "bandera chilena" au sommet du col pour nous ! Sympas les garçons.

A l'approche du but nous sommes excités comme des puces !

Dernière cascade de la carretera.

Dernier bivouac au pied d'un glacier.

Dernier pont avant Villa O'Higgins

ça y est, nous y sommes !


Comme disait ma Bichounette de 4 ans "Papy est tellement content d'être là-bas qu'il embrasse la route"